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Transcendance

Transcendence_review
Wally Pfister parvient-il a transcender le genre S-F calé sur les intelligences artificielles sentientes ?
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L’esprit du R.I.F.T est tout aussi mince…

Lors d’une conférence scientifique, Le docteur Will Caster révèle que lui et son équipe sont sur le point de créer une intelligence artificielle « transcendante », en d’autres termes capable de ressentir des émotions tout en étant dotée d’une puissance d’analyse phénoménale.

Il n’en faudra pas moins à Caster pour s’attirer les foudres du R.I.F.T ( Révolution pour l’Indépendance Face à la Technologie ), groupement terroriste considérant son projet comme une menace pour l’humanité. Will finira ainsi blessé avec une balle radioactive, le condamnant à une mort certaine. Evelyn, sa femme, décidera alors de tenter de « sauvegarder » son esprit en le fusionnant avec l’I.A mise au point par leurs recherches…

L’histoire s’avère assez rafraîchissante pour le genre. On s’attend forcément à ce que l’expérience de la fusion entre une I.A et un esprit humain parte forcément en vrille d’une certaine façon, à un moment ou à un autre, et on est pris de court à chaque fois. Si les motivations des protagonistes humains sont limpides, celles de Will « #JeSuisDevenuUneSuperIA » Caster savent rester aussi troublantes que mystérieuses.

Cependant, si cet élément parvient sans grand mal à maintenir l’attention du spectateur, celui-ci se retrouvera vite déçu par le manque de profondeur et d’initiative du scénario. Le thème choisi est riche, rempli de possibilités, mais Wally Pfister et son équipe n’arrivent jamais à le transcender, restant du début à la fin en surface…

Les I.A peuvent-elles être plus humaines que les humains eux-mêmes ?
Les I.A peuvent-elles être plus humaines que les humains eux-mêmes ?

Le film prend le parti opposé de la plupart des productions du type ( aversion envers l'homme ) et met le doigt de façon plutôt intéressante sur la définition du mot « humanité », plus du côté des humains que de celui des I.A.

« T'as l'air moins cool que dans Pirates des Caraïbes, Johnny ! »
« T'as l'air moins cool que dans Pirates des Caraïbes, Johnny ! »

Il semble que l'on ait voulu éviter ( à tort ? ) de trop nous chauffer la tête avec le thème abordé; tout a donc été simplifié ( le plus possible ? ), même le fameux « test de Turing », violemment réduit à une unique question...*Sic*....

Joueraient-ils plutôt dans « Immanence » ?

Commençons par souligner que le casting du long-métrage est loin d’être du petit lait. On y retrouve tout de même Johnny Depp, Cillian Murphy et Morgan Freeman, des acteurs qui ont fait leurs preuves et qui auraient pu porter le film à eux-seuls…s’ils avaient été correctement mis en avant.

Ils resteront malheureusement particulièrement sous-exploités, ne montrant que très rarement, sinon quasiment jamais, leur capacité d’interprétation. Depp ( Caster ) passe les trois-quarts du film en image digitalisé sans grande expression, Murphy ( l’agent du FBI Buchanan ) est trop en retrait dans son rôle d’enquêteur pour éveiller le moindre intérêt et la présence de Freeman ( Joseph Tagger ) ne fait ni chaud ni froid, tant il semble avoir peu d’impact sur le déroulement des évènements…

Et ai-je parlé de Kate Mara ( Bree ), membre importante du R.I.F.T, qui a autant de charisme en tant qu’antagoniste principale qu’un chewing-gum collé à la semelle d’une chaussure ? Rogntudjû !

Evelyn Caster, interprétée par Rebecca Hall ( Iron Man 3 ).
Evelyn Caster, interprétée par Rebecca Hall ( Iron Man 3 ).

Le personnage d'Evelyn Caster, qui dispose quand même d'un temps conséquent à l'écran, manque d'authenticité. Non pas que Rebecca Hall soit mauvaise actrice, mais plutôt qu'elle ait du mal à cadrer son rôle...

Max Waters sous les traits de Paul Bettany, ami proche du couple Caster.
Max Waters sous les traits de Paul Bettany, ami proche du couple Caster.

Pour l'interprétation la plus convaincante du film, ce n'est pas du côté de Johnny Depp qu'il faut lorgner, mais plutôt de celui de Paul Bettany, dont l'aversion pour l'IA transcendante semble cacher des raisons personnelles plus qu'autre chose.

I.A comme Intellectuellement Artificiel…

« Transcendance » fait partie des films disposant d’un rythme plutôt calme, un peu dans le même genre que « La Stratégie Ender ». Cependant, l’atmosphère de ce dernier avait pour mérite de pousser le spectateur à la réflexion, parce qu’il y avait matière à réfléchir; un avantage dont ne peut se vanter l’œuvre de Wally Pfister, qui en finit par devenir quasiment mollassonne.

Le film se permet même encore des longueurs inutiles ( voir des gens circuler dans un couloir ou manger, c’est loin d’être transcendant, surtout lorsque ça manque de force émotionnelle ). Un des seuls crédits que l’on peut accorder est que le long-métrage arrive à maintenir un certain suspense, grâce aux doutes que l’on a sur l’état réel de Caster en mode super I.A…

Au final, on finit par regarder sans vraiment se sentir concerné(e)s.
Au final, on finit par regarder sans vraiment se sentir concerné(e)s.

Le film ne nous invite à aucun moment à partager son monde, que l'on a d'ailleurs du mal à « situer » pour le comparer au nôtre, nous reléguant constamment au rang de simples spectateurs des évènements.

« Ouuuuuuuuuiiiiiii, oui, c'est ça, faites moi vos têtes d'intellos, vooooooilààààà ! »
« Ouuuuuuuuuiiiiiii, oui, c'est ça, faites moi vos têtes d'intellos, vooooooilààààà ! »

Désolé, M.Pfister, mais voir des gens faire des mines d'intellectuels ne donne pas forcément envie au spectateur d'entrer dans un état réflexif. Ici, cela a même plutôt tendance à éveiller l'ennui...

C’est joliment filmé mais…pourquoi est-ce si long ?

Le visuel est bien le seul domaine du film où l’on sent un regain d’efforts, peut-être même un peu trop. Mais est-ce vraiment étonnant ? Wally Pfister, qui en est à sa première réalisation, est tout d’abord directeur de la photographie, connu principalement pour avoir travaillé avec Christopher Nolan.

Le rendu s’avère donc propre, mais on ne comprend vraiment pas pourquoi certaines séquences traînent en longueur. Côté effets spéciaux, il n’y a rien a redire et les scènes d’action sont finalement assez sobres. En résumé, le film ne porte aucun élément vraiment mémorable pour les yeux, rien de particulièrement différent qui aurait pu lui permettre de sortir du lot…

On pourrait couper certaines scènes, sans le moindre impact sur le déroulement.
On pourrait couper certaines scènes, sans le moindre impact sur le déroulement.

Une des images qui pourrait résumer le mieux certaines parties: joliment mises en évidence, mais vides de sens et/ou s'éternisant sans raisons apparentes ( ou même sous-jacentes ), un peu à l'instar de ce couloir blanc.

Transcendance, ou comment devenir observateur d'observateurs...
Transcendance, ou comment devenir observateur d'observateurs...

Même si l'on comprend que le film n'est pas porté sur la baston, on aurait pu espérer que les rares scènes d'action apportent un minimum de tension et de dynamisme. Et bien, on peut continuer d'espérer...

N’espérez pas goûter à la transcendance sonore…

La composition sonore, correcte, se veut malheureusement discrète, n’aidant pas plus à tirer « Transcendance » vers le haut. C’est Mychael Danna ( « 8mm », « Life of Pi » ) qui en a eu la charge. On peut comprendre qu’il n’ait pu, comme pour le casting, véritablement exprimer son talent, même s’il arrive à faire ressentir la ( petite ) part de mystère qui entoure la « transcendance » de Will Caster.

Verdict

En résumé Note
Scénario L'histoire, rafraîchissante, prend de contre-pied mais reste trop en surface. 2,5/4
Personnages Le casting, de qualité, est honteusement sous-exploité. 1,5/4
Ambiance Le suspense est là, même s'il souffre de longueurs superflues. 2/4
Visuel Pfister prouve une certaine maîtrise du domaine en rendant un visuel correct. 2,5/4
Son Sonorités classiques, rien de bien transcendant... 2,5/4

Si Pfister montre qu'il n'est pas mauvais dans son domaine, il manque malheureusement le coche pour les autres. Doté d'un potentiel énorme, Transcendence rate ainsi l'occasion de devenir un incontournable.

11/20
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