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La Planète des Singes: L’Affrontement

Dotpota_review
César et ses compagnons sont de retour mais offrent-ils un spectacle digne d'être payé autrement qu'en monnaie de singe ?
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Ave César

2016. Cela fait dix ans. Dix ans que César et ses compagnons vivent paisiblement dans la forêt. Dix ans qu’ils se sont libérés du joug des humains. Humains qui ont été décimés par la grippe simienne pendant la même période, maladie provoquée par le virus ALZ-113, ce même virus qui a prodigué l’intelligence à la race des primates.

Pour César et sa tribu, l’homme est « parti ». Jusqu’au jour où Ash et Rocket croisent l’un d’entre-eux. Une rencontre qui se passera mal, dévoilant par la même occasion aux singes qu’un groupe d’humains est « resté ». César décidera alors de marquer avec fermeté la ligne qui sépare les deux races. Mais les hommes survivants ont besoin d’électricité, et le barrage qui pourrait leur en fournir se trouve du côté des singes…

Un bon nombre de films du genre oublient avec générosité que la science-fiction n’est pas en premier lieu un prétexte pour éblouir avec des effets spéciaux grandiloquents. Faire réfléchir sur un ou plusieurs thèmes particuliers, par extrapolation d’un monde imaginé avec le nôtre, voilà son but premier. Réjouissons-nous, le scénario de ce nouvel opus de la Planète des Singes remplit parfaitement son office sur ce point.

Certains pourraient cependant se plaindre des bases simples ( le conflit d’intérêt lié à la survie de deux espèces ) et des rebondissements plutôt prévisibles. Des broutilles face au fait que le film gère avec intelligence et brio les thèmes qu’il développe, l’intégrant sans autre forme de jugement dans la catégorie des meilleurs films de science-fiction sortis à ce jour.

César, le singe qui porte bien son nom.
César, le singe qui porte bien son nom.

César est devenu plus que le guide d'une tribu: il dirige maintenant une société émergente. Une charge qui le poussera à découvrir non seulement sa propre nature mais aussi celle plus trouble de ceux de sa propre race...

Malcom, chef de l'équipe qui doit s'occuper du barrage, en bien mauvaise posture.
Malcom, chef de l'équipe qui doit s'occuper du barrage, en bien mauvaise posture.

L'un des thèmes du film tend à nous montrer à quel point la communication n'a absolument aucun intérêt si le but final n'est pas la compréhension, quelque soit son degré de complexité et la nature des interlocuteurs.

On n’apprend pas aux vieux singes à faire la grimace

D’un côté, les protagonistes humains. On peut comprendre qu’ils ne brillent pas particulièrement, le film ne leur étant clairement pas consacré. Malgré ça, ils rentrent plus que correctement dans leur rôle, générant sans la moindre difficulté charisme ( Malcom ou encore Ellie par exemple, respectivement interprétés par Jason Clarke et Keri Russell ) ou antipathie ( Carver, sous les traits de Kirk Avecedo, excellent dans le rôle du méfiant irascible ) .

Mais pour dénicher les vraies stars, il faut se tourner du côté des protagonistes simiesques. Pour ces acteurs, il y avait une double charge à porter: devoir en premier lieu reproduire de façon cohérente des comportements de singes et arriver ensuite, derrière les masques en images de synthèse, à faire comprendre leurs sentiments émergents. Et dans les deux cas, les performances sont bluffantes de réalisme. À quand l’accès aux oscars pour des acteurs tels qu’Andy Serkis, interprète de César ?

Dreyfus, chef de la « tribu » des hommes, un peu cliché sur les bords.
Dreyfus, chef de la « tribu » des hommes, un peu cliché sur les bords.

Même si Gary Oldman s'avère ici bien plus expressif que dans Robocop, il déçoit tout de même un peu. Son personnage n'est en effet vraiment mis en avant que pour les scènes de « baston », restant trop en retrait pour susciter de l'intérêt.

Koba, qui ne cessera de montrer son abhorration envers les humains.
Koba, qui ne cessera de montrer son abhorration envers les humains.

S'il y a un autre acteur qu'il faudrait presque porter aux nues, c'est bien Toby Kebbell, qui interprète Koba. Son travail sur le personnage excelle au point qu'il se permet même parfois de voler la vedette à Andy Serkis.

La confiance, ça ne s’achète pas en monnaie de singe…

Avec ses environnements délabrés où la nature commence à reprendre ses droits, le long-métrage nous amène sans équivoque dans un univers post-apocalytique. Mais on est loin de l’ambiance de survie qui pourrait aller de pair avec la situation décrite. L’histoire se déroule en effet lors d’une période d’accalmie, moment durant lequel les rapports de force sont en train d’être définis.

Et ce sont ces rapports de force, ou plutôt leurs fluctuations, bien entendu dans les relations hommes-singes mais surtout entre les pseudo-primates eux-mêmes, qui font que l’on ressent une forte appréhension, voire un certain malaise tout le long. Qui domine vraiment qui ? Qui a raison de faire confiance à qui ? Et surtout, quand et de quelle façon ces rapports vont-ils se retrouver inversés ? Les affres du conflit imminent sont bien présentes…

Un moment de tendresse qu'Ellie et le bébé singe ne pourront pas pleinement savourer...
Un moment de tendresse qu'Ellie et le bébé singe ne pourront pas pleinement savourer...

Le réalisateur sait jouer avec brio entre les moments de sérénité et ceux emplis d'hostilité, laissant peu le temps au spectateur de souffler. Une manière très habile de compenser certaines faiblesses du script.

« Ah bon ? Ma gueule ? Tu as quelque chose à ajouter dessus ? »
« Ah bon ? Ma gueule ? Tu as quelque chose à ajouter dessus ? »

Certaines scènes du film font vraiment sursauter et/ou laisseront quasiment bouche-bée, leur octroyant de surcroît un côté épique. L'atmosphère est clairement un des points les plus réussis de ce volet de la Planète des Singes.

Les phénix des hôtes de ces bois ?

Il faut le souligner: « La Planète des Singes: l’Affrontement » est un des rares films pour lequel les effets spéciaux se fondent dans les décors au point de se faire oublier, rendant l’immersion encore plus forte. On ne ressent quasiment pas le rendu par ordinateur qui permet aux singes émergents de prendre vie et la technique de « performance capture » semble avoir atteint le degré de maturité nécessaire pour réaliser cette prouesse.

Si les images de synthèse sont omniprésentes ( sans être gênantes ), les scènes d’action se font quant à elles plutôt rares. Mais lorsqu’elles arrivent, elles savent être intenses. Matt Reeves et son équipe restent cependant, même dans ces instants, concentrés sur les thèmes qu’ils développent: on aura aucun mal à comprendre « l’effet miroir » de la civilisation des singes par rapport à la nôtre, et ceci sur ( et dans ) bien des plans…

Ce volet de « La Planète des Singes » serait-il aussi une nouvelle référence technologique ?
Ce volet de « La Planète des Singes » serait-il aussi une nouvelle référence technologique ?

Difficile de ne pas être impressionné par le rendu des primates, irréprochables autant physiquement que dans leur comportement. Et à cela, vous pouvez ajouter les performances éblouissantes des acteurs...

Les singes à l'assaut de la forteresse humaine.
Les singes à l'assaut de la forteresse humaine.

La première partie s'avère plutôt calme et il faudra attendre la dernière demi-heure du film pour les amateurs de castagne. Une attente qui sera récompensée par un affrontement sur deux niveaux...

Aussi simiesque que les primates eux-mêmes

Michael Giacchino, qui a déjà travaillé avec Matt Reeves sur « Cloverfield », prend le relais de Patrick Doyle qui s’est chargé de l’opus sorti en 2011. Son nouveau thème ( pour la saga ? ) résonnera encore dans la tête de certains, tant il colle parfaitement à l’ambiance « simienne » remplie de tensions.

En plus de la bande son mémorable par moments, on ne peut s’empêcher d’être marqué par la manière hachée et si caractéristique dont les singes s’expriment; un atout qui ajoute sans conteste à l’immersion. D’ailleurs, si vous en avez l’occasion, je vous conseille vivement de voir ( ou de revoir ) le film en V.O.S.T.FR

Verdict

En résumé Note
Scénario L'histoire est simple mais les thèmes sont parfaitement gérés. 3/4
Personnages Oublions ( un peu ) les humains, les stars ici, ce sont les singes. 4/4
Ambiance L'atmosphère, excellente, permet de s'immerger sans la moindre difficulté. 4/4
Visuel Les primates sont bluffants de réalisme, autant physiquement que mentalement. 4/4
Son La bande-son est mémorable par moments. On retiendra les voix des singes. 3/4

Cohérent, intelligemment mené, particulièrement immersif, ce nouveau volet de la Planète des Singes est surement à classer dans le top 3 des meilleurs films sortis cette année. À voir et à revoir sans modération.

18/20
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