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Mais que peut donc bien cacher le nouveau réseau social Ello ?

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Sorti de nulle part, Le réseau social Ello a soudain gagné en popularité, tendant la main aux dédaigneux du capitalisme. Mais faut-il vraiment saluer Ello ?
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Facebook, Google Plus, Twitter et même le moins bien connu ( mais alors vraiment moins ) Socl…Nous savons tous comment les réseaux sociaux fonctionnent. Vous vous inscrivez puis publiez du contenu qui se voit ensuite analysé, décortiqué, dans le but de mieux vous cerner. Ce même contenu est ensuite revendu aux entreprises intéressées qui l’utiliseront pour générer des publicités plus ou moins adéquates à votre égard. Ne nous leurrons pas, aucun réseau social digne de ce nom n’y échappe.

Et voici pourtant Ello, plateforme sociale nouvellement venue, se présentant comme le Don Quichotte du web qui tenterait d’abattre le moulin pourtant bien rodé de ce système capitaliste, rejetant avec grande véhémence cette « ignominie » qu’est la collecte des données des utilisateurs, leur revente ainsi que les publicités. « Votre réseau social préféré est possédé par les annonceurs. » disent-ils. « Ils achètent vos données personnelles pour vous montrer toujours plus de publicités. » rajoutent-ils encore.

Paul Budnitz, à côté d'un jouet d'art KidRobot.
Paul Budnitz, à côté d'un jouet d'art KidRobot.

Paul Budnitz, fondateur d'Ello, n'est pas à son premier coup d'essai. Il a déjà mis sur pied une douzaine de sociétés dont KidRobot, fournisseur de « jouets d'art » et « Budnitz Bicycles » qui fabrique, comme vous l'avez deviné, des vélos.

À la base, Ello n'était qu'un réseau privé que Budnitz a monté avec des proches...
À la base, Ello n'était qu'un réseau privé que Budnitz a monté avec des proches...

Derrière Ello, il n'y a pas plus de sept personnes dont la plupart travaille de façon décentralisée. Budnitz estime que même avec la montée en flèche de la popularité du réseau, il n'aura pas forcément besoin d'augmenter l'effectif de l'équipe...

Le discours a l’air percutant et sans détours, quoiqu’il ne dévoile en réalité qu’un secret de Polichinelle. Mais que cache cette apparente franchise ? Faisons un petit tour de la question et essayons de comprendre si la popularité grandissante d’Ello n’est pas usurpée

L’inscription: faussement élitiste et bancale

N’espérez pas vous inscrire sur Ello comme vous le faites naturellement sur les autres réseaux sociaux, en donnant banalement un identifiant et un mot de passe. Ah ça non. Vous devez d’abord avoir la chance de connaître un(e) ami(e) qui lui a déjà la chance de faire partie des « Viyaypi » Ello, et qui vous enverra alors un code d’invitation à insérer en plus des informations de base.

Il n’est pas bien difficile de comprendre comment ce système a participé à faire monter la popularité du réseau social: on vous donne l’impression que vous allez faire partie d’une élite et vous, vous allez faire le « buzz » chez vos potes en espérant en trouver un(e) qui soit déjà dans la « jet-Ello-set ». Simple mais efficace. Encore faudrait-il que le système en question tienne la route.

En effet, il m’a fallu moins de 20 minutes pour trouver un code d’invitation fonctionnel, et en faisant de la stupide « force brute » manuelle je vous prie. Je me suis bien entendu retrouvé immédiatement « ami » avec celui qui avait généré le code, un certain Chris…qui ne m’a pas réellement invité et que je ne connais pas du tout…Mouais…Ça a vraiment l’air fiable et cohérent dans le coin…

Au moins, on ne pourra pas se plaindre d'être seul(e) dès son arrivée.
Au moins, on ne pourra pas se plaindre d'être seul(e) dès son arrivée.

Dès que vous avez passé le cap de l'inscription, le système vous abonnera automatiquement au flux d'Ello et logiquement à celui de la personne qui vous a invité, personne qui sera aussi naturellement abonnée au vôtre.

L’interface: simple ou simpliste ?

Blanc, noir et nuances de gris: ce sont les seules teintes que l’on trouvera associées à l’interface de base d’Ello. Le reste de la gamme des couleurs semble avoir été réservé aux inscrits, au travers de leurs avatars et des photos qu’ils publient ou comptent publier. Un peu comme si les concepteurs semblaient dire: « ce sont les utilisateurs qui nous les donnent, nos couleurs ». Jolie manière implicite de mettre les usagers au centre.

Pour le reste, on est en plein « responsive flat design », avec peu d’éléments à l’écran, le tout organisé en deux colonnes principales, celle de droite étant réservée aux publications et celle de gauche vous donnant accès à vos réglages personnels. Pas d’options superflues genre jeux ou autres applications; soit vous vous concentrez sur votre contenu et/ou explorez celui des autres, soit vous allez voir ailleurs.

Il faut reconnaître que cette simplicité, même austère, s’avère assez plaisante, dirigeant de façon plutôt intelligente vers l’essentiel, même si en tant qu’utilisateur de Facebook et de Google Plus, je ne me suis jamais senti « agressé » ou perdu par la ( relative ) profusion d’informations à l’écran de ces deux réseaux. Quoi qu’il en soit, les concepteurs ont encore du travail à faire pour améliorer, et largement, l’aspect visuel

Une partie de la page de profil.
Une partie de la page de profil.

Votre page de profil est au départ assez austère. À vous de la rendre plus colorée et joyeuse en y ajoutant une image d'en-tête et un avatar. La disposition semble être un mélange simplifié entre la page de profil Google plus et celle de Twitter.

Quid de l’interaction sociale ?

Ello offre le strict minimum de ce que l’on peut attendre d’un tel réseau. On ne dispose en effet que de deux possibilités de classement lorsqu’on décide de suivre un utilisateur: l’une nommée « Friends » ( Amis ), l’autre portant le nom plutôt péjoratif de « Noise »( Bruit ( de fond ?) ). « Noise » pourrait donc s’opposer à « Signal » (« Friends »), dans le sens « signal intéressant » donc pouvant avoir une certaine valeur pour vous.

Si l’utilisateur l’a permis dans ses réglages, vous pouvez commenter ses publications et répondre à quelqu’un en particulier ( en indexant son pseudonyme grâce au sempiternel symbole « @ » placé devant ). Cependant, il n’y a pour le moment aucune manière directe de partager une parution qui vous aura plu, ou encore de la « noter » en cliquant sur un quelconque « j’aime » par exemple ( N’hésitez pas à le faire pour cette article, soit dit en passant ^^ ).

Autre fonctionnalité intéressante: « Discover ». Comme son nom l’indique, elle vous permet de découvrir. Comme son nom ne l’indique pas, l’objet de la découverte n’est autre que d’autres utilisateurs ( populaires ? ) du réseau. En effet, Ello ne propose pas de suggestions plus ou moins pertinente d’amis comme le font Face de bouc Facebook ou Google Plus. Vous allez devoir vous taper le travail de recherche tout seul, comme un grand…

Ce désordre est-il voulu ou cela s'améliorera-t-il plus tard ?
Ce désordre est-il voulu ou cela s'améliorera-t-il plus tard ?

Il faut noter que le flux « Noise » paraît assez mal organisé visuellement, demandant un certain effort de concentration pour s'y retrouver, tranchant de ce fait sommairement avec l'ordre assez strict imposé par le design de base.

Des sociétés telles que Capcom sont déjà inscrites...
Des sociétés telles que Capcom sont déjà inscrites...

Pour trouver d'autres inscrits, il reste deux solutions: taper ello.co/pseudo ( ce qui implique que vous le connaissez déjà ou aimez jouer à la roulette russe ) ou encore cliquer sur les liens « Following » ou « Followers » d'un profil.

Le modèle économique empêchera-t-il de dire goodbye ?

Le fondateur d’Ello l’a bien fait comprendre: il ne veut pas de publicité. Du moins, le réseau ne veut pas gérer des annonceurs en revendant les données des utilisateurs. Cette position « noble » pose cependant un problème de taille. Budnitz l’a lui même précisé: « Ello est une entreprise, avec des besoins basiques mais réels ». Ceci dit, comment va-t-elle donc se maintenir financièrement ?

Et bien simplement en se reposant sur les utilisateurs. Ello compte sur les donations des inscrits et leur vendre des fonctionnalités qui viendront se greffer à leur compte de façon définitive pour pas plus de deux dollars ( env. 1€50 ). Parmi ces fonctionnalités, il devrait y avoir la possibilité de créer deux types de profil: l’un personnel et l’autre professionnel. je dois le dire, comme d’autres avant moi, je trouve cette idée complètement farfelue.

Ce n’est surement pas pour rien que les autres réseaux se sont tournés vers le système économique que nous connaissons tous aujourd’hui. C’est un système qui a le mérite d’assurer des revenus assez réguliers. En effet, avec un annonceur, vous avez un contrat. Il ne vous lâchera pas comme ça du jour au lendemain. Avec des utilisateurs de base, dont certains sont fortement lunatiques, vous n’avez aucune assurance. Alors à moins d’être PARTICULIÈREMENT chanceux…

Une liste des fonctionnalités en cours de développement.
Une liste des fonctionnalités en cours de développement.

Encore pas mal de fonctionnalités sont en développement, comme la possibilité de rendre des publications privées. Néanmoins, je n'en ai vu aucune qui, à mon goût, mériterait de sortir des sous et n'étant pas déjà gratuite chez les autres...

Le ciel est encore loin d'être aussi bleu pour Twitter...
Le ciel est encore loin d'être aussi bleu pour Twitter...

Malgré le fait d'avoir réussi à doubler son chiffre d'affaires en 2013, Twitter, présent sur le marché depuis 8 ans et qui utilise le système « diabolique » comme aime à le dépeindre Budnitz, n'arrive toujours pas à dégager des profits...

Au final

C’est un fait: il reste encore pas mal de choses à ajouter ( comme le partage simple de publication ) et à améliorer ( comme le contraste parfois exécrable ) pour qu’Ello puisse se prétendre à niveau. Ma première incursion dans le réseau social m’a tout de même bien plu. Si l’on ne tient pas compte de l’inscription qui le rend faussement « hype », les concepteurs ont eu de bonnes idées telles que l’interface strictement épurée ou encore « l’omnibox ».

Cependant, il y a déjà deux choses qui me déplaisent fortement dans le discours du fondateur Paul Budnitz, surtout pour quelqu’un qui n’est pas à son premier essai d’entreprise.

La première est le fait de traiter le « business » des autres de « diabolique ». C’est négatif, peu respectueux de ceux qui sont en place et n’est de plus aucunement vrai. Les utilisateurs ont été prévenus de ce que l’on fait de leurs données, disposent d’outils tels que « Adblock » et savent ce qu’ils ont à faire s’ils ne veulent pas qu’elles soient utilisées de cette façon ( enfin, pour ce dernier point, je crois…).

La seconde est la manière bien peu flexible avec laquelle Budnitz affirme vouloir gérer son affaire: « […], je fermerai Ello si cela devient notre unique moyen pour survivre » dit-il, en parlant de la diffusion de publicité. Une entreprise, pour moi ( et j’estime ne pas être le seul à avoir cette philosophie ), se doit d’essayer d’être aussi souple que possible dans son domaine, surtout aujourd’hui.

Et pour en revenir à la « réclame », comme on disait bien avant, que Budnitz ne s’inquiète pas, il y en aura et sur le dos de son réseau. Il y’en a déjà. La publicité n’est pas qu’une affaire de taille ou d’emplacements réservés. Les grandes entreprises ( tout comme les « start up » ) s’inscriront et n’auront qu’à laisser leurs « community managers » publier des bulletins. Bref, le buzz que crée Ello risque bien de creuser sa propre tombe. Mais sait-on jamais…Ello s’avérera peut-être représenter l’îlot de paradis des anti-capitalistes si le réseau perdure…

Sources/Références:

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