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Terminator: Genisys

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Après Renaissance ratée, Terminator: Genisys nous invite-t-il réellement à célébrer le retour de sieur Schwarzenegger ?
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Quand Skynet n’est pas net

Skynet perd la guerre. John Connor, son ennemi de toujours, la gagne. Pour assurer sa survie, l’I.A à l’origine du jour du « jugement dernier » ne dispose plus que d’une seule alternative: Envoyer un de ses « Terminators » dans le passé pour éliminer la mère du chef de la resistance: Sarah Connor. Pour contrer la machine tueuse, John envoie à son tour son meilleur soldat: Kyle Reese.

Mais une fois sur place, Reese se rend compte que la ligne du temps a été altérée: Sarah Connor sait qui il est et ce qui se trame, est accompagnée d’un Terminator sympathiquement nommé « Papy » qui la protège depuis une dizaine d’années et le jour du jugement dernier a été « reporté ». Munis d’une machine à voyager dans le temps, Sarah et Kyle ont maintenant les informations et les moyens d’arrêter Skynet avant sa génèse…

Terminator Genisys fait partie de ce qu’on appelle les « soft reboots ». En d’autres termes, on garde quasiment tous les éléments qui faisaient partie du précédent univers, mais on dévie de la continuité de l’histoire en ignorant délibérément certains films précédents. L’exercice est loin d’être évident scénaristiquement parlant, mais il faut dire que l’histoire de Genisys s’en tire plus ou moins bien.

Globalement, l’idée que Sarah Connor et son combat ne font que « repousser l’inévitable » a été gardée et celle des voyages temporels est sympathiquement bien que bizarrement utilisée pour montrer que chacun des deux camps adverses est de plus en plus préparé aux assauts de l’autre. S’il n’y a pas de rebondissements qui décrochent la mâchoire, la nouvelle base établie a un certain potentiel qui, bien exploité, pourrait faire mouche…dans les suites.

Pour un sourire éclatant, nous aussi, les terminators, nous utilisons colgate !

La ligne de temps de Genisys ignore allègrement les long-métrages que sont « Le soulèvement des Machines » et « Renaissance » et suit plus ou moins directement celles de T1 et T2.

Kyle Reese, juste avant d'embarquer pour son voyage temporel vers 1984.

L'histoire du film utilise sans distinction les deux règles du voyage temporel dans les films: La boucle ( une unique ligne de temps immuable ) et les mondes alternatifs, ce qui pourra s'avérer illogique ou confus pour certains.

En plein dans le T-1000 ? Euuuh…

Commençons par le personnage que tout le monde attend de revoir: Sarah Connor. Elle avait été brillamment interprétée par Linda Hamilton dans T1 et T2 puis Lena Headey dans La série « Les chroniques de Sarah Connor ». Les deux actrices dépeignaient une femme à la méfiance quasi-absolue, névrosée par tout projet pouvant être mis en rapport de près ou de loin avec Skynet; ce trait principal rendait le personnage particulièrement charismatique.

Emilia Clarke ne pouvait passer outre la comparaison. Et celle-ci fait mal. La nouvelle Sarah Connor a plus que surement gagné en formes mais a perdu sa « névrose » et de ce fait, une bonne partie de son charisme. Emilia Clarke tente tout de même de montrer que son personnage est resté fort, mais la sauce a du mal à prendre. Et Jai Courtney, interprète de Kyle Reese, n’arrange pas vraiment les choses.

Son interprétation du « soldat qui deteste les terminators et qui se méfie de papy » est vraiment limite et dégage autant d’aura qu’un camembert qui fond au soleil: c’est mou. Quant aux différents terminators du film ? C’est « Papy Schwarzy » qui s’en tire le mieux mais beaucoup préféreront son interprétation dans T2 où son sourire est moins sauvage. Les autres laissent soit perplexe ( Le « John Connor T-3000 » ) soit complètement froid ( Le T-1000 de Byung-hun Lee ).

On ne ressentira jamais ni empathie ni antipathie pour JCT. Irritant.

John Connor T-3000 est sans conteste l'un des personnages les plus sous-exploités bien qu'ayant été l'un des plus prometteurs. Vu son origine, on a un peu du mal à pardonner le manque de prise de risque.

Quoi ? Je suis CHAUVE ? Mais c'est impossible !

Et encore un personnage trop en retrait pour être intéressant. Le détective O'brien, pourtant interprété par l'excellent J.K.Simmons, peine à trouver sa place dans le film. On l'aurait entièrement sucré, personne n'aurait rien vu...

Viens avec moi si tu veux rire ( mais pas beaucoup, hein )

Côté ambiance, vous pouvez oublier celle pré-apocalyptique oppressante et sérieuse poussant fortement à réfléchir sur l’avenir de l’humanité face à elle-même et la technologie des deux premiers opus de Cameron. On ne ressent plus ce danger quasi-imminent du « jugement dernier ». Le fait que la nouvelle Sarah Connor semble avoir une confiance quasi-permanente en ses capacités à gérer le futur joue beaucoup sur cet aspect.

L’atmosphère s’est aussi en grande partie allégée parce que la pression de survie qui poussait les personnages humains à éviter coûte que coûte un affrontement direct avec les machines tueuses n’est plus. Ici, ils font face avec une effronterie à peine voilée aux Terminators qui semblent de plus avoir perdu en dangerosité. Alors que reste-t-il, finalement ?

Un ambiance énigmatique due au fait que l’on se pose pas mal de questions sur la nouvelle ligne de temps créée, le tout saupoudré d’un peu d’humour qui a parfois du mal à faire mouche. On ne rentre pas complètement dedans, mais c’est amplement suffisant pour faire tenir le film jusqu’au bout. Un bout qui semble avoir été écrit par des bisounours tellement on tente d’atteindre la fin hollywoodienne où tout se passe bien. Et ç’est ça, finalement, qui fait vraiment peur…

« J'ai même décidé que j'allais d'abord parler à ma main. » ( Référence cachée à T3 ? )

« Oui, je suis le méchant, alors au lieu d'essayer d'être efficace et de vous tuer immédiatement, je vais d'abord tenter de vous endormir avec mon baratin. Je suis sûr que vous n'essaierez pas de me tirer dessus en attendant. » *sigh*

La jeune Sarah sauvée par « Papy ».

Si la ligne de temps a été altérée dans Genisys, c'est en grande partie parce Skynet a décidé de s'en prendre en 1973 à la jeune Sarah, sauvée par un T-800 qui n'a aucune donnée sur celui qui l'a envoyé...Intéressant.

Hasta la vista, nostalgie.

Alan Taylor et son équipe ont tout fait, tout fait pour nous bombarder de références visuelles pouvant rappeler T1 et T2. Si certaines sont bienvenues et peuvent en effet réveiller la fibre nostalgique de certains, d’autres manquent terriblement de subtilité et/ou sont maladroites. Pour le reste, Terminator: Genisys s’en sort sans accrocs côté effets spéciaux et scènes d’action, et reste un assez bon film d’action qui n’a malheureusement rien à proposer de plus que les autres.

Par contre, on ne pourra s’empêcher de filer un carton rouge au T-1000 de Byung-hun Lee qui fait pâle figure, à TOUS les niveaux, face au T-1000 de Jason Patrick. Même les effets spéciaux de 1991 arrivent à avoir plus de saveur face au tout numérique de 2015.

Vous savez ce qu'il vous reste à faire si vous voyez un type du genre...

Alan Taylor s'est même amusé à reprendre une scène entière de T1, pour le plus grand plaisir des fans. Dommage que tous les clins d’œil du genre ne soient pas aussi bien gérés, certains tombant comme des cheveux sur la soupe.

Ouch. L'imagerie numérique brûle les yeux ici.

Si on ne s'attendait pas à ce qu'il soit aussi iconique que son prédécesseur, il aurait pu au moins éviter d'être aussi fade et avoir son propre style visuel, le nouveau T-1000. On l'oubliera bien vite...

Le thème principal est de retour mais…

Terminator: Renaissance avait quasiment fait disparaître de sa bande-son le thème principal de la franchise, celui composé par Brad Fiedel. Oui, ce thème légendaire qui donnerait des frissons à un volcan. Ici, il revient timidement en version remixé et on nous balance de temps en temps la partie « tambours guerriers » pour nous rappeler que ce n’est pas un « banal film d’action ».

Et le reste des prestations musicales ? C’est loin d’être mauvais, et si elles s’avèrent mémorables, ce n’est malheureusement que par moment. L’auteur, Lorne Balfe, qui a souvent eu l’occasion de travailler avec Steve Jablonsky et Hans Zimmer ( notamment sur Transformers et Inception pour les musiques additionnelles ) a encore du travail à faire s’il veut arriver au même niveau que ses illustres aînés. Et ajoutons que certains choix de musique Rock sont tout simplement indigestes.

Verdict

En résumé Note
Scénario La base a du potentiel. Mais il faudra attendre les suites pour confirmer... 3/4
Personnages Aucun personnage n'a de charisme particulier et Arnold a perdu du sien. 2/4
Ambiance On se surprend parfois à ressentir cet effroi envers les Terminators. Parfois... 2,5/4
Visuel Le film est de bon calibre mais n'a rien pour vraiment impressionner. 2,5/4
Son Le thème principal est un de retour. Le reste est très correct sans plus. 3/4

Genisys est une bien meilleure Renaissance. Et si le film a une fin qui donne envie d'envoyer sauvagement des Terminators à Alan Taylor et à son équipe, on peut espérer que les suites s'en tireront mieux.

13/20

Au-delà de la critique…

Disons-le, je n’ai pas été emballé par ce nouvel opus de la franchise Terminator. Lorsque Je me remémore les deux premiers, un des éléments significatifs qui me revient est cette sorte d’effroi d’un futur noir implacable, amplifié par la destinée quasiment dénuée de choix des Connor. On sait que le jour du « jugement dernier » est inévitable et Sarah et John sont cette famille « maudite » qui a choisi de tout faire pour arrêter l’I.A génocidaire qu’est Skynet.

Le second élément est la vision protectrice bien que restant ambiguë des machines abordée dans Genisys, mais de façon bien moins brillante que dans T2. Malgré la tentative de développement scénaristique plus ou moins originale, on se rend compte que ces aspects faisant le charme de la saga sont peu présents ou effleurés sommairement dans Genisys, bien trop ouvert et trop « hollywoodien » dans son approche. Et dire que même « Terminator: Le soulèvement des machines » arrivait encore à capturer une partie de ces dimensions de T1 et T2 ( malgré l’humour d’une subtilité éléphantesque ^_^).

Si Renaissance a échoué sans conteste dans les deux domaines précités, Il reste sûr que Genisys s’en sort bien mieux que son prédécesseur, même s’il reste encore pas mal de chemin à faire, à mon goût. Je suis sûr que beaucoup considéreront comme moi que la véritable suite de T2 est en fait la défunte série « Terminator: Les chroniques de Sarah Connor » qui est arrivé à capturer avec brio les deux aspects précédemment évoqués.

La nouvelle série en développement, « Terminator: Projet Skynet », sera-t-elle au moins dans la même veine, sachant que les scénaristes Ashley Miller et Zack Stentz qui avaient travaillé sur la précédente sont de retour ?

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