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Seul Sur Mars

This photo released by 20th Century Fox shows Matt Damon in a scene from the film, "The Martian."  (Aidan Monaghan/20th Century Fox via AP) ORG XMIT: CAET387
Seul sur Mars, Matt Damon se jette sur l'occasion de nous donner un cours de survie réussi sur la planète rouge.
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Il faut sauver l’astronaute Watney

Ils n’ont pas pu faire autrement. Il a fallu décoller de Mars sans Mark Watney, présumé mort durant la violente tempête qui s’est abattue sur la mission. Il est cependant toujours vivant, seul et à plus de 80 millions de kilomètres de la terre, sur une planète hostile à toute vie.

L’astronaute botaniste va devoir utiliser toute son ingéniosité et toutes ses capacités pour gagner cette course contre la montre qui le verrait manquer de ressources avant qu’une équipe puisse venir le sauver. Pendant ce temps, la NASA tente tant bien que mal de l’épauler dans ce périple semé d’embûches…

Le scénario de « Seul Sur Mars » se veut principalement didactique. Cherche-t-on à surprendre le spectateur ? On ne tente même pas ! Essaie-t-on plutôt de capter son intérêt sur le sujet développé et ce qui gravite autour ? Oui et c’est réussi ! La mésaventure de Watney n’est en réalité qu’un prétexte pour nous servir une sorte de didacticiel de près de deux heures sur comment survivre sur la fameuse planète rouge, le tout enrobé avec quelques cuillerées bien dosées de principes scientifiques.

D’un côté, les problèmes à résoudre se succèdent les uns après les autres et en face la NASA et Watney se démènent pour nous présenter une solution intéressante si ce n’est amusante pour chacun d’entre-eux, jusqu’au dénouement final. L’intérêt est double: on s’interroge sur la manière dont les protagonistes vont passer la prochaine épreuve et on attend les explications qui vont avec la solution proposée. Simple, captivant et rafraîchissant…

À la sortie du film, on se sentira sans conteste bien plus cultivé(e) ^_^

Physique, chimie, thermodynamique et même botanique...« Seul Sur Mars » donne très souvent l'impression de suivre un cours, avec en moins le sentiment ennuyeux d'être dans une salle de classe.

Watney sait où il veut aller, nous aussi...

L'un des seuls reproches que l'on peut faire à propos du scénario, c'est qu'il est plutôt linéaire et donc prévisible. Heureusement que son côté découverte scientifique compense cet aspect au final loin d'être rédhibitoire.

Y’a rien à faire, je ne suis pas si seul au monde…

Le film scinde les protagonistes en trois « groupes » principaux: on a d’abord Watney, seul sur ce gigantesque caillou qu’est Mars, puis l’équipe d’astronautes en charge de tenter de le secourir avec à sa tête le commandant Melissa Lewis ( Jessica Chastain ) et enfin celle de la NASA, dirigée par Teddy Sanders ( Jeff Daniels ), qui lui fournit le maximum d’aide possible pour assurer sa survie. Malgré la division, les trois groupes restent cohérents et aucun ne faillit question narration et jeu d’acteurs.

Matt Damon est tout simplement magistral dans le rôle de Watney, incarnant avec force un homme qui se bat pour rester en vie sur une planète encore non colonisée. Chaque sentiment, douleur ou épreuve subie est quasiment palpable au travers de l’acteur, dont le personnage arrive tout de même à rester enjoué malgré la gravité de la situation. Quant à l’équipe dirigée par Lewis, on arrive agréablement à distinguer la personnalité de chacun, même si certains ne disposent pas de beaucoup de temps à l’écran.

Une caractéristique que l’on retrouve encore avec l’équipe de la NASA, du directeur de vol Mitch Henderson plutôt sentimental ( interprété par Sean Bean ) au directeur Sanders laconiquement réaliste dans sa façon de voir et de gérer les choses. Quel que soit le « groupe », Il est difficile de ne pas trouver au moins un personnage pour lequel on aurait de l’empathie, positive ou non. Oui, le film est une véritable réussite dans la gestion de ses différents protagonistes.

Le commandant Melissa Lewis ( juste à gauche de Watney ) n'est pas vraiment du genre commode...

Il ne faut pas plus de cinq minutes à Ridley Scott pour nous présenter les personnages, leur tempérament respectif ainsi que les relations qui les lient, et le tout sans la moindre précipitation.

Un cours abrégé de physique gravitationnelle avec une agrafeuse ? Pourquoi pas ?

On le savait, on n'allait pas échapper au scientifique de service, Rich Purnell, interprété par Donald Glover. Fort heureusement, il a l'obligeance de ne pas être ( très ? ) cliché, en plus d'être amusant.

Houston, we have a comedy…

Il est plus qu’évident que le contexte dans lequel évolue Watney est particulièrement peu avantageux: seul sur une planète désertique hostile et confronté à de constantes difficultés liées à sa survie. On pourrait donc s’attendre à une atmosphère assez tendue…Et là encore on est surpris d’être étonné ! Pas mal de situations et de transitions font sourire si ce n’est rire franchement, et avec une subtilité certaine je vous prie.

Et il faut aussi compter avec la bonne humeur et la répartie piquante de Watney ! Ces moments plutôt sereins, Ridley Scott et son équipe savent intelligemment les utiliser pour nous faire plonger dans ceux bien moins joyeux, trouvant ainsi le bon équilibre pour éviter tout ennui et/ou relâchement. On se surprend même parfois à fermer les poings ou à joindre les mains lors de certains passages critiques ! L’ambiance du long-métrage est sans conteste envoûtante, malgré le fait que l’aspect science-fiction soit plutôt sobre…

J'ai de petits problèmes dans ma plantation...

Le film se veut en fait être un mélange savoureux de plusieurs genres. On peut aller de la comédie à la comédie dramatique, en passant par des phases style « thriller » et ceci de façon très naturelle.

Même le véhicule martien qu'utilise Watney paraît plutôt contemporain...

L'approche science-fiction de « Seul Sur Mars » est parfois si discrète qu'on a tendance à l'oublier. On est définitivement ici plus du côté « Science » que du côté « Fiction ».

Non, il n’y a pas de « low » sur Mars. Pas de « high » non plus…

Visuellement parlant, il est à la fois peu évident de reprocher quoi que ce soit au long-métrage, tout comme on éprouvera quelques difficultés à le féliciter sur cet aspect. On n’arrive certainement pas au niveau d’un « Gravity » ou d’un « Interstellar » qui proposaient tous deux des éléments marquants, même dans leur approche « Hard Science-Fiction ». La production de Scott reste sobre, ce qui reste cohérent avec le fait que le réalisateur ne cherche définitivement pas à nous impressionner.

Alors que reste-t-il, pourrait-on demander ? De sympathiques concepts visuels ( comme les combinaisons assez jolies des astronautes  ), une fort belle manière de filmer de la part de Scott permettant de pleinement apprécier les paysages désertiques de Mars, et, enfin, des effets spéciaux rares mais de qualité. Bref, si on ne note rien de bien particulier qui pourrait faire vibrer la rétine, le tout à le mérite d’être propre, travaillé et épuré, et c’est l’essentiel.

« Bon, au moins, je n'ai pas à me plaindre du voisinage... »

Dans sa manière de filmer, Scott arrive très bien à faire ressortir ce contraste entre la grandeur de Mars et le minuscule Watney ainsi que le côté désert rouge hostile et immense de la planète...

L'Hermès, le seul vaisseau spatial du film.

Les phases dans l'espace sont assez rares, mais lorsqu'elles se décident enfin à pointer le bout de leur vaisseau spatial ( sans folie dans le design ), elles sont tout simplement magnifiques.

I will survive, hey, hey !

La bande originale composée par Harry Gregson-Williams ( « X-Men Origins:Wolverine », « Total Recall: Mémoires Programmées » ) est de très bonne facture, suivant le rythme plus ou moins lent et posé du film et sachant faire naître ce sentiment de découverte d’un monde encore inexploré. Certains titres résonneront encore dans la tête à la sortie ( « Making Water » en fait partie ). De plus, la musique du compositeur principal est accompagnée de tonalités disco que Watney écoute le long de son périple.

Il semblerait que Scott ait apprécié « Les Gardiens de la Galaxie » et ait pris note. Fort heureusement, ce retour dans les années 70 n’est pas utilisé de manière sauvage et sait lui aussi rentrer parfaitement dans le contexte. Et oui, quoi de plus évident que de nous faire écouter le fameux titre de Gloria Gaynor, « I will survive », dans la situation que vit Watney ? Dans la diffusion SoundCloud ci-dessous, Gregson-Williams nous évoque la bande-son qu’il a composé ( en anglais ), avec bien entendu quelques extraits:

Verdict

En résumé Note
Scénario L'histoire est simple et prévisible mais se veut aussi captivante et enrichissante. 3/4
Personnages Un casting de qualité pour des prestations de qualité ! Damon est magistral. 4/4
Ambiance L'atmosphère martienne selon Ridley Scott, on y plonge, on y reste ! 4/4
Visuel Simple et sobre. Ç'est travaillé mais ça manque d'éléments marquants. 3/4
Son Une bonne bande sonore saupoudrée de quelques bons titres des années disco. 3/4

« Seul sur Mars » est sans conteste un classique dans le domaine de la « hard science-fiction », mené de main de maître par Ridley Scott. Un film à posséder dans sa ludothèque, au même titre que « Moon », « Gravity » ou encore « Interstellar ».

17/20
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