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Alien: Covenant

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Alien: Covenant n'est pas un mauvais film, mais tente de contenter deux publics différents sans jamais vraiment y parvenir.
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Les promesses de Prometheus s’enferment au couvent

2104. Le « Covenant », vaisseau colon humain avec plus de 2000 passagers à son bord, se dirige vers Origae-6, un des nouveaux berceaux à venir de l’humanité. Cependant, un accident force Walter, l’androïde de service, à réveiller prématurément de leur stase les membres du commandement.

La situation plus ou moins maîtrisée, l’équipage reçoit un message atypique provenant d’une planète inconnue qui semble habitable, bien que jamais repérée auparavant. Christopher Oram, le commandant en chef, décide d’y faire un saut, malgré les vigoureuses protestations de Daniels, sa seconde en chef….

Il est plutôt difficile d’avaler la pilule avec le scénario proposé par « Alien: Covenant ». En effet, la fin de Prometheus laissait présager une aventure intergalactique, qui non seulement était supposée apporter des réponses aux questions laissées en suspend dans les précédents opus ( du moins pour quelques-unes ) mais aussi nous faire découvrir un monde nouveau peuplé par la civilisation intrigante que sont les « Ingénieurs ».

Au final ? Vous pouvez allez vous coucher. Jack Paglen et Michael Green, les deux scénaristes en charge du script nous font un magnifique pied-de-nez, détruisant une bonne partie des espoirs précédents, le tout pour nous servir une histoire plus étriquée et moins bien ficelée que celle de Prometheus ! Quel exploit ! Et c’est sans compter le fait que l’on nous ressasse certains thèmes qui, s’ils étaient intéressants dans le précédent film, deviennent ici redondants et de ce fait sans grand intérêt…

Vous comptiez en savoir plus sur les Ingénieurs ? Vous plaisantez ?

Quasiment tous les éléments introduits dans Prometheus et qui rendaient l'intrigue piquante sont balayés ici d'un revers de main. Si l'histoire n'est pas catastrophique, elle en devient tout de même terriblement frustrante.

ô rage, ô désespoir, c'est bien un Derelict, mais ce n'est pas LV-229.

Pas de panique, les connexions logiques sous-jacentes sont toujours là, même si elles sont bien moins subtiles et satisfaisantes que dans Prometheus. On regrette aussi que les rebondissements soient si prévisibles...

Walter et David ? Les mêmes faces mais pas la même pile

Ridley Scott aime les personnages féminins qui ont de la poigne et il le montre encore une fois de plus avec ce nouvel épisode mettant en scène le xénomorphe. Le problème est que la nouvelle « Ripley » qu’est Daniels est…comment dire…insipide et peu intéressante, faisant pâle figure devant ses « prédéces-soeurs ». Si elle reste supportable, son personnage est trop peu développé, et on aura tôt fait de l’oublier, tant son dynamisme paraît un brin forcé en face de ceux de Shaw et de Ripley.

Les vraies stars ici sont Les androïdes Walter et David, doublement et brillamment interprété par un Fassbender qui n’a pas perdu sa forme depuis Prometheus. On ne se lasse pas de jouer au jeu des sept différences mentales entre les deux protagonistes, et leurs interactions sont des pivots incontournables du film. Et les autres ? Quels autres ? Ah oui, vous parlez de ceux qui sont supposés servir de « chair-à-Alien » en tout genre ? Vous pouvez passer votre chemin: aucun autre personnage ne vaut ici vraiment la peine d’être cité.

On ne retrouvera pas longtemps le très sarcastique Peter Weyland. Snif.

En réalité, les personnages qui sont vraiment intéressants viennent de...Prometheus, et malheureusement, pour la plupart d'entre-eux, leur temps à l'écran est inversement proportionnel à leur valeur réelle. Dur.

« On tire à la courte paille pour désigner celui qui va mourir en premier ? »

Ridley Scott décoit dans la gestion des protagonistes issus de Covenant. La seule chose qui pourrait captiver à leur sujet est le fait qu'on se demande comment ils vont passer à la casserole. Et encore.

Un mélange Prometheus – Alien sous acide

Qu’est-on supposé attendre d’un film alien ? Une sensation de claustrophobie accentuée par la peur de cette créature quasi-mythique qu’est le xénomorphe ? Un sentiment d’horreur et de dégout devant ses méfaits sanglants ? Et bien...on n’arrive bizarrement pas à vraiment les ressentir ici. L’habitude sans doute ? ou le fait que l’on tente désespérément d’y mélanger une ambiance intrigante à la Prometheus ?

D’un film Prometheus, par contre, on voudrait du mystère irrésolu mélangé à une dose intelligente de thriller. Et chaque fois que l’on va se plonger dedans, on nous balance sauvagement à la figure des phases d’action et de « vraie fausse horreur » qui gâchent le plaisir et semblent tomber comme des cheveux sur la soupe. Ridley Scott et son équipe n’arrivent pas à maintenir un équilibre captivant entre mystère,horreur et thriller, un peu comme si l’une de ces atmosphères avait été forcée. Dur.

Scott tenterait-il des clins d'oeil à « Aliens » ?

Le réalisateur s'essaie ici au genre « horreur en plein air » à la « Pitch Black ». Cependant, contrairement à Twohy, il se casse la figure ( volontairement ? ), arrivant à peine à faire sursauter ou ressentir au moins du suspense.

Certaines scènes donnent envie de mettre la tête dans les mains.

Les moments qui déçoivent vraiment sont ceux où le film tente de faire du « sexy » inutile comme s'il s'adressait tout d'un coup à un public d'ados. Covenant sent la relation conflictuelle et chaotique avec le studio.

Vous vouliez voir de l’Alien ? Et bien vous allez en voir !

Ridley Scott a très surement entendu les cris des fans éplorés de la franchise originelle qui clament que Prometheus manquait de sa dose d’aliens. Covenant se rattrape plus que surement dans ce domaine,  et du « morphe », on nous en sert copieusement, sous plusieurs formes, avec bien entendu les plus connues. Le problème ? Il vient surtout de la façon dont on nous les sert: comme pour remplir un quota et rien de plus, enlevant une bonne dose d’intérêt aux monstres eux-mêmes.

On semble aussi avoir donné un peu trop de priorité aux formes « finales », réduisant de ce fait drastiquement le bestiaire si atypique et intéressant que l’on pouvait trouver dans Prometheus. Tout n’est heureusement pas sans saveur visuellement, tels que les phases dans l’espace, tout simplement magnifiques.  On remarquera cependant certaines « redondances », surtout dans le dernier tiers du long-métrage, qui donnent très fortement l’impression de n’être que des scènes remises au ( mauvais ? ) goût du jour des anciens films Alien.

« Mais ? Mais ? Pourrais-je déguster de l'humain dans ce bled sans être une fois dérangé ? »

Le concept du « néomorphe », nouveau venu dans la famille, est au moins réussi visuellement, même s'il ne semble qu'être une version dénudée et bien plus agressive de son cousin le « xéno ».

On ne sera pas étonné que les effets spéciaux soient propres.

Les scènes d'action n'ont rien de particulier et la présence de l'alien ne vient pas les pimenter plus. Certaines semblent même avoir été rajoutées à la dernière minute, comme pour respecter un « quota » de présence du monstre. Dur.

Dans l’espace, les sonorités venues du Sulaco et du Prometheus indifférent

La bande sonore est un mélange entre celle du premier Alien et celle de Prometheus. Si elles sont toutes deux d’excellente facture, elles semblent ne pas être à « leur place » ici, tout en paraissant jouées aux mauvais instants. Dans alien, la musique est très certainement supposée faire naître un sentiment de découverte mystérieuse, lointaine et horrifique, dans un contexte spatial. Dans Prometheus, elle pourrait plutôt faire penser à la promesse d’un nouveau monde, rempli d’interrogations.

Deux ambiances que Covenant tente, mais n’arrive jamais vraiment à produire avec sa musique « empruntée », ce qui accentue le mélange mal dosé d’atmosphères que je vous évoque plus haut. Et pour les musiques faites pour Covenant lui-même ? C’est Jed Kurzel qui s’en est chargé et aucune d’entre elles ne marque vraiment, l’ensemble se voulant d’ailleurs un peu trop discret. En bref, même la partie sonore a des difficultés à vraiment satisfaire. Dur.

Verdict

En résumé Note
Scénario Redondant et n'offre rien de vraiment frais à se mettre sous la dent. 2,5/4
Personnages Seuls Walter et David intriguent. Les autres servent principalement de "chair-à-alien". 3/4
Ambiance De l'Alien "en veux-tu ? en voilà" le tout sans réel suspense. 2,5/4
Visuel Trop de "morphes". Le bestiaire est moins varié. Les scènes spatiales poutrent. 2,5/4
Son Les sonorités venues de Prometheus et Alien sauvent ( un peu ) le tout. 3/4

Alien: Covenant ne satisfera ni les fans de Prometheus ni ceux de la franchise originelle. S'il le film n'est pas forcément décevant, on sent bien que le réalisateur a ( été ? ) forcé dans certains choix discutables.

13,5/20

Au-delà de la critique ( spoilers possibles ! )

Vous l’aurez compris, j’ai été particulièrement déçu par Covenant. Scott et ses scénaristes n’ont vraisemblablement pas pu donner le meilleur d’eux-mêmes, ceci étant très surement dû à la « pression » des fans de la première heure, mais surtout à celle, je le pense, de la Fox. Le vrai scénario de Prometheus, à mon goût, aurait dû suivre l’aventure de Shaw et de David et confronter, d’un manière ou d’une autre, Shaw avec les ingénieurs, supposés être les créateurs de l’humanité, un peu comme le montre le prologue du film:

« Prometheus 2 » serait alors devenu un jeu de pistes dans lequel les membres de l’équipage du Covenant auraient reconstitué le parcours de Shaw au travers d’hologrammes ( ou autres traces laissées par l’expédition de la scientifique ), tout en se voyant progressivement confrontés à l’horreur « Alien ». Il se peut que les scénaristes de Scott aient suivi ce chemin avant que les « investisseurs » ne leur rappellent qu’il manque un peu trop de « xénomorphe » dans le script et que c’est « forcément » ce que les « fans » veulent voir ( sinon pas de brouzoufs ).

De là à complètement nous priver des ingénieurs et du duo Shaw/David, tout de même….En tous cas, le chemin pris par Covenant ne présage rien de vraiment très excitant pour la continuation de la saga et je doute fort que le prochain sur la liste ( dont le tournage devrait débuter en 2018 ) puisse corriger le gâchis de potentiel si évident du présent opus. Si c’est le cas, « Prometheus 3 » sera malheureusement le dernier de la franchise pour ma part. Damon Lindelof devrait-il revenir à la barre des scénaristes, malgré la controverse ( que je trouve injuste, d’ailleurs ) sur le scénario de Prometheus ?

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