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Black Panther

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Black Panther dépeint la culture africaine de manière très tendancieuse, mais réussit à rester une bonne production Marvel.
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Une panthère noire qui ne voit pas la vie en rose…

Le Wakanda, cité africaine la plus technologiquement avancée d’Afrique, si ce n’est du monde, pleure la mort de son roi T’chaka. Vive le roi T’challa, qui doit reprendre le flambeau ancestral de son père, ainsi que le titre emblématique de « Black Panther ».

À peine assis sur son trône, T’challa, aidé de sa fidèle générale Okoye et de Nakia, une espionne, doit s’occuper de régler un problème épineux: Retrouver et ramener Ulysses Klaue, un receleur de Vibranium sans vergogne qui a profané la terre du Wakanda. T’challa ne se doute pas encore que le poisson à ferrer cache une menace sans précédent pour l’existence de son royaume...

Marvel prend une pause et nous épargne pendant un temps les gemmes de l’infini, dans le but de nous faire découvrir le très charismatique Black Panther ainsi que la cité la plus mystérieuse d’Afrique: le Wakanda. Et ? C’est du Marvel. Circulez. J’ai dit. Non ? Vraiment ? Vous êtes certain(e) ? Vous l’aurez voulu: c’est direct et prévisible et on sait où ça va finir.

On ne perd même pas de temps en rebondissements quelconques. Le scénario est basique et n’a vraiment pour but final que de mettre en avant le premier vrai super-héros africain de l’univers Marvel. La pilule pourrait passer sans trop de problèmes, mais les plus perspicaces ne pourront s’empêcher de remarquer certaines références ( très ? ) tendancieuses concernant la description de la culture africaine par l’histoire du film.

La cité du Wakanda, farouchement cachée depuis des millénaires.

On aura le plaisir d'en apprendre plus sur la civilisation du Wakanda, ses origines et sur les ( étranges ? ) raisons qui l'ont poussée à rester cachée aux yeux du reste du monde.

« Wesh ? Elle te plaît pas ma nouvelle coupe, poto ? »

« Black Panther » s'avère bien plus généreux que « Docteur Strange » concernant les pouvoirs de son protagoniste principal, qui en devient aussi intéressant que Tony Stark et sa fameuse armure.

Une gestion des protagonistes en dents de panthère

Commençons par la plus charismatique ( et ma préférée ): Shuri. La jeune sœur techno-scientifique de T’challa, interprétée par Letitia Wright, est un véritable rayon de soleil. Chaque scène où elle apparait est une ode à la joie et au sourire. Bref, il s’agit de la mascotte du long-métrage, tout simplement ! A ses côtés, Chadwick Boseman nous interprète joliment et sans fautes un T’challa tiraillé face aux difficultés liées aux responsabilités d’un roi. Quant à son bras droit, Okoye, on a très peu envie de se frotter à cette guerrière farouche !

Passons maintenant aux déceptions du film: A la barre, j’appelle en premier le méchant KillMonger. Encore une fois, il souffre tout comme Ultron dans « Avengers: l’ère d’Ultron » et Kaecelius dans « Docteur Strange » de manque évident de profondeur. Cependant, l’interprétation très réussie de Michael B.Jordan permet grandement d’éviter au personnage de tomber dans une platitude ennuyeuse. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de W’kabi, sous les traits de Daniel Kaluuya, qui n’arrive jamais à rendre sa participation vraiment intéressante ( et c’est dommage ), comme d’autres d’ailleurs

En tant que « Sorcier » du clan, Zuri est étrangement très peu mystérieux...

Zuri, interprété par le sympathique Forest Whitaker, n'a finalement que très peu d'impact. Ses apparitions, trop anecdotiques, lui enlèvent malheureusement le charisme nécessaire pour faire décoller le personnage.

Klaue aurait surement mérité une plus grande part dans le film ( le MCU ? ).

Andy Serkis, dans le rôle de Ulysses Klaue, étonne en tant que vilain secondaire. Son personnage, à la fois truculent, drôle et énigmatique, donne vraiment envie d'en savoir plus à son sujet...

De l’humour noir qui sait révéler des dents blanches

Le film fait son office correctement sur ce point: Black Panther fait tout pour mettre en avant ( parfois un peu trop ) une culture africaine fortement drapée de technologie. Des danses aux rituels sacrés, en passant par les accents des protagonistes ( à ce propos je vous conseille fortement le film en V.O ) et leurs accoutrements, le voyage du spectateur en terre noire s’avère exotique et change sympathiquement des autres productions du studio Marvel.

Malgré le fait que le scénario ne soit pas tip-top, il arrive tout de même à maintenir une certaine tension de suspense, mince et sans réelle surprise, mais présente. Cette tension s’avère agréablement contre-balancée par un humour simple qui fait mouche aux moments opportuns. Ces deux éléments, assez bien dosés, s’avèrent largement suffisants pour se laisser porter par le film jusqu’au dénouement final. Quant aux orientations pseudo-politiques du film, elles auront plutôt tendance à énerver plus qu’autre chose…

KillMonger et T'challa n'ont pas du tout la même conception du Wakanda.

Le film a la fâcheuse tendance de tenter de montrer que les difficultés des ressortissants africains dans le monde s'arrêteraient avec la participation du Wakanda ( en bien ou en mal ). Une drôle de façon de voir les choses...

L'afrique technologique, il faut le dire, ça reste très classe...

Black Panther nous invite à imaginer une Afrique qui aurait réussi à conserver ses traditions tout en intégrant une technologie avancée. Une idée intéressante, sauf quand ce conservatisme rend les wakandais paradoxalement barbares...

Black Panther n’est pas totalement noir !

Multiple couleurs vives des accoutrements africains, Vert foncé de la savane, bleu léger des chutes d’eau mélangé aux roches marron devenant ambre sous le soleil des montagnes…Je pense ne pas me tromper en disant que « Black Panther » est paradoxalement le film le plus coloré et jouissif de l’Univers Cinématique Marvel, pour le plus grand bonheur des yeux du spectateur.

Cette « joie » visuelle s’accompagne de scènes d’action qui, certes, n’impressionnent pas ( Surtout après le passage remarqué de « Docteur Strange » et de ses buildings psychédéliques ) mais qui restent tout de même jolies et plutôt bien rythmées. Il faut tout de même souligner que la seconde partie du film semble avoir été hâtée, tant les choses semblent s’accélérer soudainement, comme si le réalisateur s’était rendu compte qu’il risquait de dépasser le budget…

C'est beau. Que dire de plus ? C'est méga beau.

Black Panther s'avère aussi coloré que magnifiquement détaillé visuellement. Le travail d'orfèvre sur les costumes ainsi que la beauté des décors sont à féliciter. Mention spéciale pour la combinaison de Black Panther, qui en jette.

T'challa sait comment se tenir en voiture.

Le film a très peu de scènes d'action mémorables ( celle de la course-poursuite sort du lot ) et joue plutôt dans la sobriété et le rythme bien dosé ( sauf vers la fin où ça devient un peu plus brouillon ).

Sans Kendrick, là, j’en ai marre !

La bande originale est l’œuvre de Ludwig Göransson, et je dois le dire, c’est la première fois que je vois le nom du monsieur. *Petit tour sur Wikipédia*…Et…C’est plus ou moins normal ( dans mon cas, ^_^ ), vu qu’il a plutôt composé pour des films n’étant pas de type science-fiction. Et…encore une fois, Black Panther n’arrive pas à trouver les sonorités qui l’auraient rendu mémorable sur ce plan.

Bien entendu, les sons africains sont là, avec des artistes connus tels que Baaba Maal, mais c’est plutôt le nom que l’on retiendra, plus que la musique elle-même. Un fait qui ne semble pas toucher Kendrick Lamar, dont le titre « All the Stars » arrive à sortir assez gracieusement du lot. En bref, Black Panther fait encore honneur aux films Marvel qui n’auront pas vraiment su se démarquer au niveau de la bande originale, tout en ayant une qui fait correctement son job.

Marvel, vous comptez au moins nous corriger ça pour « Infinity War », dites-moi ?

Verdict

En résumé Note
Scénario C'est Marvel, c'est basique. Rien de transcendant. 2.5/4
Personnages Certains personnages sont excellents, d'autres manquent cruellement de profondeur. 3/4
Ambiance Humour et suspense sont bien dosés en terre africaine. 3/4
Visuel Coloré et jouissif visuellement, Black Panther se hâte un peu trop vers la fin. 3.5/4
Son Les sonorités africaines sont intéressantes, mais pas mémorables. 3/4

Oui, Black Panther est légérement meilleur que Docteur Strange. N'empêche, on sera déçu du scénario et de certaines représentations culturelles africaines déplorables qu'on aurait pu facilement éviter/corriger.

15/20

Au-delà de la critique ( attention, ça spoile ! alerte rouge, spoilers ! )

Encore une fois, cette partie de l’article SPOILE des éléments clés du scénario du film. J’ai prévenu. Dernier avertissement. Avertissement sur le dernier avertissement: Vous êtes averti(e).

En tant qu’africain, il m’est difficile de ne pas noter certaines « transgressions » que je trouve un peu grosses et limite racistes, par rapport à la culture africaine, surtout dépeinte au travers de l’univers technologique et moderne du Wakanda. Des transgressions qui ne donnent pas envie d’être wakandais, voire africain tout court…

Je m’explique. Prenons le cas de l’élection du roi. Les Wakandais, dans leur grande sagesse, ont décidé que la meilleure façon d’élire leur roi…était de faire subir aux prétendants au trône un « défi », qui n’est autre…qu’un duel pouvant conduire à la mort. Pour une civilisation avancée de plus de deux siècles ( si ce n’est plus ) par rapport au reste du monde, cela ne parait barbare à personne ? Sachant qu’en plus l’idée est tellement géniale que Killmonger en démontrera magnifiquement la stupidité plus tard dans le film ? ( ou comment mettre sur le trône un détraqué sanguinaire qui a simplement un peu plus d’entrainement physique que l’actuel roi modéré ).

Le Wakanda semble aussi se donner des droits tout aussi barbares quant au traitement des ressortissants externes: Klaus ( Andy Serkis ) révèle dans le film que les wakandais sont des « sauvages » en indéxant les cicatrices qu’ils lui ont fait. Oui, Klaus est un salopard de première, pas de doute. Cependant, dans une civilisation aussi en avance que le Wakanda, pourquoi des règles strictes concernant comment juger et punir de telles personnes n’ont-elles pas été édictées ? Pourquoi la culture africaine, wakandaise, du moins, serait-elle restée si primitive malgré le bond technologique octroyé par le vibranium, et surtout quand le reste du monde, moins avancé technologiquement, applique des règles plus humaines ?

Je ne m’attarderai pas trop sur une autre énormité, celle qui relate le fait que T’chaka ( père de T’challa ) décide carrément d’abandonner Killmonger enfant, son propre neveu, après avoir tué son père, sans jugement, sans explications et sans ressources autres que de rentrer dans une potentielle famille d’accueil, alors que celui-ci est de sang royal. Je répète: DE SANG ROYAL. Un paroxysme de manque d’humanité qui permettrait à T’chaka de passer quasiment pour le méchant du film. Ainsi les wakandais seraient aussi peu réfléchis, barbares et violents, même au niveau de la royauté ? Jolie vision d’une culture africaine technologiquement en avance…

Et il y’a bien d’autres éléments du genre que je pourrais tirer du film. Je dois dire que j’ai été surpris qu’ils aient réussi à se « glisser » dans l’histoire. Ces « coquilles » simili-racistes auraient pu ( auraient dû ? ) être gommées ou améliorées aisément à mon goût. Je ne sais pas pour vous, mais je pense tout de même que cela peut ouvrir un débat intéressant, surtout sur la façon dont la culture africaine est représentée au cinéma…

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