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Alita Battle Angel

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Après Hiroshi Sakurazaka, au tour de Yukito Kishiro de voir son œuvre prendre vie au cinéma, et d'une fort belle façon !
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Un ange au cœur d’Iron City

Elle s’appelle Alita. Du moins, c’est comme ça que l’a baptisé le docteur Ido, le temps qu’elle se rappelle de son vrai nom. Cyborg retrouvée dans la décharge d’Iron City, la ville située juste en dessous de la cité suspendue de Zalem, elle n’a en effet plus aucun souvenir de son passé.

Dans la quête pour retrouver sa mémoire perdue, Alita va faire la connaissance de Hugo, jeune homme qui rêve de monter un jour à Zalem et qui lui rappellera à quel point elle peut aimer. Elle rencontrera aussi Grewishka, criminel des bas-fonds qui lui, lui remémorera ses extraordinaires capacités guerrières…

Le scénario de « Alita Battle Angel » se veut simple. Les amateurs de rebondissements et d’intrigues alambiquées en tout genre peuvent donc tranquillement passer leur chemin. Cependant, si vous décidez de rester, vous aurez le grand plaisir de découvrir un univers vaste dont la richesse semble être quasi-intarissable.

En effet, tout comme celle de la Stratégie Ender, l’histoire de « Alita Battle Angel » se veut sur plusieurs niveaux, chacun d’entre-eux remplis de zones d’ombre qui génèrent un flot continu de questions aussi intéressantes les unes que les autres. Et malgré cette richesse évidente, les scénaristes évitent de nous noyer d’informations, tout en profitant pour nous faire saliver pour une possible suite…

Zalem, la cité celeste, cache encore bien des secrets.

En réalité, Iron City n'est que la première couche d'un périple qui cache un gigantesque space-opéra. Si le film passe l'épreuve du box-office, une saga style Star Wars est parfaitement envisageable.

L'origine du premier corps d'Alita a été changée, donnant un peu plus de poids à l'histoire.

Question fidélité, l'histoire du long-métrage n'est pas complètement basée sur celle du manga. En effet, certains personnages tels que Chiren ou Grewishka sont tirés du film d'animation sorti en 1993.

Un casting taillé pour mettre aux anges ? Presque !

Je dois le dire, je ne pensais pas que Rosa Salazar pouvait faire ressortir ce charisme gigantesque que possède Alita ( surtout en tant que fervent connaisseur du manga ). Et pourtant, elle s’en tire de façon magistrale. Elle réussit sans efforts à rendre vie aux extrêmes du personnage, de sa compassion sans limites à sa détermination froide et implacable. Impossible de ne rien ressentir pour Alita !

Quant à Christopher Waltz, il est tout simplement impeccable dans le rôle d’Ido, homme tiraillé entre ses rôles de médecin et de père mentor pour Alita. Cependant, tout n’est pas rose ( en restant très loin du désastre, heureusement ), et certains personnages tels que Grewishka ou Desty Nova ( dont l’excentricité est à peine perceptible ici ) semblent avoir un peu souffert de leur passage au grand écran, et on sent que les scénaristes ont eu un peu de mal à trouver le bon équilibre pour eux…

Chiren s'intègre sans accrocs à l'histoire, malgré qu'elle soit inédite dans le manga.

Jennifer Connelly, malgré l'apparente froideur de son personnage, sait très bien faire ressortir le côté ambivalent et rempli de regrets de la personnalité de Chiren. Une performance à saluer.

Grewishka n'est au final qu'une simple brute épaisse un peu arrogante ici.

Grewishka, s'il arrive à conserver un certain intérêt en tant qu'antagoniste secondaire, perd la folie et les motivations de son alter-égo venant du manga, Makaku, devenant un personnage unidimensionnel. Dommage.

Un contraste paradis/enfer trop peu visible

Et c’est sur ce point que l’ambiance de « Alita Battle Angel » pèche. Dans le manga, il était aisé de comprendre pourquoi la plupart de ceux qui vivent dans Iron City sont déterminés à aller à Zalem. La vie y est difficile, insalubre et criante de pauvreté, les rues sont mal famées et remplies de criminels/fous en tout genre et la loi ne vous protège que lorsque cela l’arrange. Le seul réel échappatoire de cette réalité lugubre est le sport local: Le « Motorball ».

Cette ambiance sombre et limite oppressante, on ne la retrouve malheureusement pas dans l’adaptation cinéma. On a presque l’impression que le fait de vouloir aller à Zalem pour certains relève ici plus du caprice qu’autre chose, tant les conditions de vie à Iron City semblent…normales voire même acceptables. Et ce point se retrouve encore plus accentué par le fait qu’on ne voit pas la  « merveilleuse » façon de vivre des habitants de Zalem, ce qui rend la comparaison encore plus superficielle.

Le film se rattrape un peu question science-fiction, nous faisant plonger dans un monde dominé par les cyborgs et leur modifications ( parfois tout aussi farfelues que celles du manga ). Cependant, ce n’est pas assez développé pour complètement immerger

On ne la cherche pas, Alita, qu'on fasse 500 grammes ou 5 tonnes...

La ville d'Iron City est beaucoup trop "propre" par rapport à sa version papier, et le côté dangereux des rues n'est pas assez exacerbé. La violence présente dans le manga est aussi très édulcorée ici, "PG-13" oblige.

Pour une fois que du « Zouké Moins » ne gâche pas l'atmosphère, on ne va pas se priver...

Alita nous amène aussi des moments de romance qui sont non seulement plutôt bien placés, mais évitent aussi d'être ennuyeux et pathétiques. Et certains d'entre-eux sont aussi vraiment poignants. * Snif *.

Les Anges de Weta Digital sont passés par là…

Disons le maintenant: les visuels de « Alita Battle Angel » sont tout simplement MA-GNI-FI-QUES.  Tout comme pour « La Planète des Singes: l’Affrontement », il est très difficile de faire la distinction entre les éléments réels et ceux générés par ordinateur, ces derniers se fondant parfaitement dans le décor; une prouesse encore réalisée par ces vieux de la vieille qui constituent l’équipe de Weta Digital.

Les scènes de combat sont d’un dynamisme percutant et certaines d’entre-elles sont dignes d’un « space-opera » de grande envergure ( la scène sur la lune, ainsi que celle de l’assaut sur Zalem, sont d’une beauté onirique malheureusement inversement proportionnelle à leur durée ). Et pour les amateurs de Motorball ? Ils se réjouiront de savoir que chaque minute passée dans l’arène décoiffe ! Malheureusement, tout n’est pas parfait et certains concepts visuels sont un peu trop compliqués pour les yeux….

Alita, à la course aux Oscars pour les meilleurs effets visuels ?

Avec "la Planète des Singes, l'Affrontement" ( dont Weta Digital s'est aussi occupé ), "Alita Battle Angel" rentre dans le panthéon des films où les images numériques sont tellement impeccables qu'elles en deviennent invisibles.

Les combats sont aussi très joliment chorégraphiés.

Si la plupart des visuels sont beaux, tout le monde ne tombera surement pas unanime sur certains choix de concepts, qui auraient gagnés à être plus...simples ( genre la lame de damas, qui en fait un peu trop ).

Et c’est encore de la musique Junkie à laquelle on a droit…

C’est Junkie XL qui s’occupe de la bande originale de « Alita Battle Angel ». Et ? Et je trouve le choix particulièrement discutable simplement parce que Tom Holkenborg, de son vrai nom, a toujours semblé avoir beaucoup de mal à produire des sonorités marquantes. Et devinez ? Il ne change pas la donne avec Alita Battle Angel, qui n’arrive même pas à avoir un thème reconnaissable ! Dammit ! Le film le méritait, sa bande-sonore qui casse tout !

On pourrait  coller la musique de « Alita Battle Angel » dans une autre production, et personne ne s’en rendrait compte. Danny Elfman, qui sait comment réveiller l’imaginaire, aurait été un bien meilleur choix…Et si la chanson de Dua Lipa vaut le coup d’oreille, elle ne s’entendra qu’à la fin du film. De toute façon, même si elle s’était entendue à un autre moment, il lui aurait été difficile de sauver cette bande originale bien trop commune pour sortir le long-métrage du lot….Dur….

Verdict

En résumé Note
Scénario Simple aux premiers abords, le scénario n'est que la partie émergé d'un iceberg bien plus gros... 3.5/4
Personnages Alita est un véritable monstre de charisme et aucun des autres acteurs ne vient gâcher la fête ! 3.5/4
Ambiance Pas assez fort, le contraste entre Zalem et Iron City aurait dû être plus accentué. 2.5/4
Visuel Alita Battle Angel montre que l'on est tout simplement en train d'atteindre l'apogée de l'imagerie numérique... 3.5/4
Son "Swan Song" de Dua Lipa sauve un peu le film de sa bande-son trop commune. 3/4

Malgré une ambiance en demi-teinte par rapport à celle du manga, Alita Battle Angel fait une fort jolie entrée dans le monde du grand écran, surtout niveau visuel. Un must incontournable pour tout fan du manga qui se respecte !

16/20
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