alita_fi

Après Hiroshi Sakurazaka, au tour de Yukito Kishiro de voir son œuvre prendre vie au cinéma, et d’une fort belle façon ! Continuer la lecture »

thepredator-fi

« The Predator » cherche tellement à en faire qu’il finit par rentrer ( sans le vouloir ? ) dans la parodie… Continuer la lecture »

Venom_fi

Difficile de dire non à Venom, qui dégage un charisme pour lequel il n’y a presque pas d’antidote… Continuer la lecture »

La Stratégie Ender

Film: La Stratégie Ender
Avec la stratégie Ender, découvrons s'il est judicieux de laisser des enfants surdoués jouer à la guerre.
Vous aimez ? Partagez !

That was nearly the end…

On ne les attendait pas. Ils ont pourtant failli exterminer la race humaine. Cela fait maintenant cinquante ans que ces extraterrestres, les « Formics », ont été repoussés grâce au courage du commandant Mazer Rakham. L’armée en a profité pour changer de visage et s’incarner dans de jeunes prodiges surdoués, spécialisés dans les batailles spatiales. Ender Wiggin, le plus prometteur d’entre-eux, ne le sait pas encore, mais il pourrait bien être celui qui mettra définitivement fin à cette guerre belliqueuse qui oppose l’humanité aux Formics.

Au premier coup d’œil, le pitch de la « Stratégie Ender » semble assez banal. Une fois de plus, comme dans Pacific Rim, l’humanité va se retrouver menacée par des méchants pas beaux à qui elle va devoir botter l’arrière-train. Mais en s’attardant un peu, on se rend compte que le scénario cache une grande richesse.

L’univers introduit est aussi complexe que fouillé, offrant des points de vue aussi multiples que dignes d’intérêt. On a continuellement l’impression de s’abreuver à de nombreuses sources, sans jamais vraiment arriver à étancher sa soif, pour dire. Un fait qui rend « La Stratégie Ender » captivant et frustrant à la fois…

Ender Wiggin est très proche de sa sœur, Valentine. Une relation pour laquelle on n'aura pas l'occasion d'en savoir plus.
Ender Wiggin est très proche de sa sœur, Valentine. Une relation pour laquelle on n'aura pas l'occasion d'en savoir plus.

Chaque personnage dispose de son histoire et chaque histoire donne l'impression de pouvoir être développée indépendamment de la trame principale. Le film donnera-t-il naissance à des séries parallèles ?

Les vaisseaux des « Formics », race à l'apparence insectoïde. Discrets, mais loin d'avoir été oubliés par le script.
Les vaisseaux des « Formics », race à l'apparence insectoïde. Discrets, mais loin d'avoir été oubliés par le script.

Si certains rebondissements sont plutôt prévisibles, d'autres s'avèrent surprenants, se permettant même d'ouvrir encore plus l'univers dépeint et déjà bien dense sur de nouvelles perspectives.

…Then was the beginning of the End(er)…

Surtout pour les noms attribués à certains personnages. On les dirait tout droit sortis d’une veille publicité rétro des années 90 ( Mazer Rhakam, l’aspirateur qui aspire tout, de l’aspartame aux hippopotames ! Hyrum Graff, le rhum qui vous agrafe ! Si vous me cherchez, j’ai déjà pris la porte à droite ). Mis à part cet aspect relativement ridicule, le casting du film est tout simplement excellentissime.

Ici, chacun semble être parfaitement à sa place, d’Asa Butterfield ( Ender Wiggin ), interprétant le jeune surdoué favori incessamment mis à l’épreuve, en passant par Viola Davis ( le major Gwen Anderson ), tiraillée entre son devoir et sa morale protectrice, pour en arriver à Harrison Ford ( le colonel Hyrum Graff ), prêt à tous les sacrifices pour gagner la guerre. Autre point que l’on ne peut s’empêcher de remarquer: la diversité culturelle et raciale du film, malheureusement sous-exploitée à mon goût.

On pourrait presque croire à une pub pour Benetton.
On pourrait presque croire à une pub pour Benetton.

« La Stratégie Ender » est un véritable « melting pot ». Malheureusement le film ne va pas plus loin, ne s'arrêtant qu'à l'apparence. On aurait pu en profiter pour dégoupiller proprement certains clichés, non ?

De gauche à droite: Ben Kingsley, Harrison Ford et Asa Butterfield, avec 55 ans de différence d'âge.
De gauche à droite: Ben Kingsley, Harrison Ford et Asa Butterfield, avec 55 ans de différence d'âge.

Le film est la fois un mix culturel et un mix de générations. Il réussit à ressembler parmi les meilleurs acteurs de la précédente vague avec le meilleur de ceux qui doivent prendre la relève.

Une ambiance gérée de façon stratégique

L’atmosphère est sans aucun doute le point le plus intéressant du long-métrage. Si elle se veut cadrée, Gavin Hood fait en sorte d’éviter de la rendre inutilement lourde. Le réalisateur arrive la plupart du temps à trouver le bon équilibre, contrebalançant le sérieux de certaines scènes avec des éléments d’humour se voulant subtils, je vous prie.

Autre élément notable: l’ambiance générale semble pousser au calme, mais pas n’importe lequel: celui prélude aux périodes de réflexion. On a souvent l’impression que l’on veut faire cogiter le spectateur, sans pour autant trop lui chauffer la tête. Une chose est sûre, « La Stratégie Ender » vous plonge dans un bain cérébral qui vous donne automatiquement envie de revoir le film, surtout si vous adorez réfléchir…

« Si tu oses encore m'appeler 'grand-père', tu nettoieras les cuvettes des toilettes jusqu'à la fin du film, compris ? »
« Si tu oses encore m'appeler 'grand-père', tu nettoieras les cuvettes des toilettes jusqu'à la fin du film, compris ? »

Une grande majorité de l'action se passe dans une école militaire spatiale. Si on est loin d'être là pour rigoler, certaines scènes donneront l'occasion d'esquisser un sourire ou même de rire franchement...

Tout à gauche, Bonzo ( merci pour le nom...)  est l'antagoniste de service, avec un charisme certain.
Tout à gauche, Bonzo ( merci pour le nom...)  est l'antagoniste de service, avec un charisme certain.

Un des éléments qu'on peut déplorer à propos de l'ambiance, c'est qu'elle laisse peu de place aux sentiments; on ressent peu les tensions et on a une empathie amoindrie pour les différents personnages.

Lorsque la fin justifie les moyens

Dans une première partie, on nous trace le parcours suivi par Wiggin à l’école de guerre. Dans une seconde, les choses sérieuses commencent, le jeune stratège militaire entamant son véritable entraînement à la commande de vaisseaux, celui qui doit le mener à la guerre contre les Formics. Dans aucune des deux phases, on ne sera vraiment impressionné par l’aspect visuel.

Et pour cause. Le but recherché n’est pas de distraire le spectateur avec des objets « hi-tech ». La science-fiction ne sert ici que de cadre à l’histoire et ne fait qu’embellir la toile de fond. Si ce point de vue n’a cependant pas été jeté aux orties, ce n’est pas le « quoi » qui est censé marquer, mais plutôt le « comment ». Tout comme l’ambiance, le visuel pousse le spectateur à la réflexion plus qu’à l’émerveillement.

Rien à redire, les combinaisons de combat des cadets ont du style.
Rien à redire, les combinaisons de combat des cadets ont du style.

Les scènes d'action à l'école spatiale sont faites de joutes entre deux équipes de cadets se déroulant à l'intérieur d'une sphère « 0G ». Si elles ne sont pas épiques, elles restent très sympathiques à regarder.

  « La porte ennemie est en bas... »
  « La porte ennemie est en bas... »

Les simulations de bataille contre les Formics valent elles aussi le coup d'œil. Sans être spectaculaires, elles ont le mérite de plonger directement au cœur de l'action, ce qui les rend encore plus immersives.

Un essai pas transformers

Steve Jablonsky, vous vous rappelez ? comment ça non ? Faites-moi 20 pompes, et que ça saute ! Pour les moins surdoués de la mémoire, il s’agit du compositeur de la fabuleuse bande originale de la première trilogie Transformers ( La musique de l’arrivée des Autobots sur terre ? Ça vous revient ? Non ? Vous m’en faites 20 de plus ).

La bande-son n’est pas aussi bonne que celle de Transformers, c’est un fait. Elle reste cependant excellente, retranscrivant bien ce qui se passe à l’écran, même s’il lui manque le petit « truc » qui la rendrait vraiment épique. Mais il faut reconnaître qu’elle fait déjà très bien son travail. Que pourrait donc encore demander le peuple de plus ? 20 pompes ? Et que ça vole !

Verdict

En résumé Note
Scénario Particulièrement riche. Des possibilités multiples de développement. 3,5/4
Personnages Du tout bon. Parmi le meilleur de l'ancienne et de la nouvelle génération. 3,5/4
Ambiance Le rythme est tout aussi stratégique que le laisse penser le titre du film. 3/4
Visuel C'est sobre mais bien moins terne que pour un Oblivion trop propre. 3/4
Son Ce n'est pas tous les jours qu'on fait une bande-son à la Transformers. 3/4

Loin d'être un film de science-fiction porté sur l'action brute, son rythme posé ne plaira pas à tout le monde. N'empêche, « La Stratégie Ender » constitue une des bonnes surprises de cette fin d'année 2013.

16/20
Vous aimez ? Partagez !