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Robocop ( 2014 )

Film_Robocop_2014
Deuxième reboot d'un film de Paul Verhoeven, ce RoboCop s'en tire-t-il mieux que le très moyen Total Recall ?
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Et un cyborg de plus qui se retourne contre le système…

L’Amérique est divisée. D’un côté, les « pro-machines » qui pensent qu’elles devraient effectivement patrouiller dans les rues. De l’autre, les « robophobes » ne voulant pas de robots armés dénués de sentiments. OmniCorp, conglomérat militaire, semble avoir trouvé la réponse en Alex Murphy, ex-policier grièvement bléssé, transformé en cyborg aujourd’hui connu sous le nom de RoboCop. Une solution qui s’avérera moins évidente que prévu, surtout lorsque RoboCop se mettra en tête d’élucider le dossier Alex Murphy

On l’aurait presque parié. le scénario du film est prévisible et reprend le sempiternel chemin du « cyborg issu du système qui se retourne contre le système ». Tout est quasiment évident du début à la fin, offrant peu de possibilités de surprises. Heureusement, l’histoire a le mérite d’offrir des perspectives inexplorées et intéressantes par rapport à la version de 1987, en se concentrant plus sur les personnages que sur leur univers.

De gauche à droite: Clara et David Murphy et le meilleur ami de la famille, Jack Lewis.
De gauche à droite: Clara et David Murphy et le meilleur ami de la famille, Jack Lewis.

À peine évoquée dans la précédente version, la famille de Murphy se voit ici attribuée un rôle important, ce qui a pour conséquence d'amoindrir fortement la place de Lewis dans l'histoire.

Pat Novak, journaliste qui use et abuse du quatrième pouvoir.
Pat Novak, journaliste qui use et abuse du quatrième pouvoir.

Exit les spots publicitaires et les flashs infos. Padilha les remplace habilement par l'émission télévisée de Pat Novak, dont le parti pris concernant la « robophobie » américaine est évident.

Des personnalités qui laissent parfois aussi froid qu’un robot…

Contrairement à Verhoeven qui a privilégié l’atmosphère au détriment des protagonistes, Padhila a décidé dans sa vision de suivre le chemin inverse, la reléguant en second plan. On ressent ici en effet plus d’empathie pour les différents personnages, surtout pour RoboCop, très joliment interprété par Joel Kinnaman. Cependant, même si le casting est d’une certaine qualité, il donne souvent l’impression d’être sous-exploité ou pas comme il le faudrait.

Abbie Cornish, dans la peau de la femme de Murphy, passe un peu trop son temps à larmoyer et Gary Oldman, malgré des efforts évidents, n’arrive pas vraiment à convaincre dans le rôle du docteur scientifique moralement tiraillé. Quant à Michael Keaton, il est trop peu expressif en tant que grand ponte d’OCP pour intéresser. On finit par avoir le sentiment que certains personnages superflus prennent trop de temps à l’écran et/ou que les principaux, lorsqu’ils en disposent, sont loin de leur plein potentiel.

La scène du reveil d'Alex Murphy en Robocop, l'une des meilleures du film.
La scène du reveil d'Alex Murphy en Robocop, l'une des meilleures du film.

Joel Kinnaman ne se contente pas uniquement de jouer RoboCop, il arrive à faire toucher du doigt au spectateur toutes les émotions que pourrait ressentir un homme qui se verrait transformé en machine.

« Au boulot, l'homme de fer blanc. »
« Au boulot, l'homme de fer blanc. »

Très peu de personnages sortent vraiment du lot et ceux qui y arrivent sont malheureusement secondaires. C'est le cas de Maddox, tacticien qui se charge avec peu d'enthousiasme de l'entraînement du cyborg policier.

Ici, tu es robot, tu écopes

On connaît tous le côté plutôt satirique des films de Paul Verhoeven. Dans sa version, il nous présentait un monde caricatural à la violence exacerbée, gangréné par la corruption, créant ainsi une ambiance assez particulière. Ici, ce ton ironique n’est plus. Padilha part sur des bases moins atypiques que celles de Verhoeven, lorgnant du côté « philosophique » du sujet abordé.

Le réalisateur nous invite ainsi à nous pencher sur les conséquences humaines de la robotisation des forces de sécurité, de la petite échelle ( famille, collègues ) à la grande ( toute une nation ). Cependant, on regrette que ces aspects n’aient pas été développés plus profondément, ne permettant pas vraiment de s’immerger dans l’univers de ce nouveau RoboCop.

« Chéri, on fait comment maintenant que tu es devenu noir ? »
« Chéri, on fait comment maintenant que tu es devenu noir ? »

La manière dont est perçue la transformation de Murphy par son entourage direct, que ce soit sa famille ou ses collègues, est rendue de façon trop détachée pour être immersive.

La seule scène où le public « participe » à l'histoire.
La seule scène où le public « participe » à l'histoire.

Du côté « grande échelle », l'influence du cyborg policier sur l'opinion publique est juste évoquée et non montrée. Padilha et son équipe ne prennent sur ce plan aucun risque et c'est bien dommage.

Le noir aurait pu vous aller mieux…

Les scènes d’actions du film, tout comme les effets spéciaux, sont sans conteste propres. Leur seul problème ? Elles ont toutes le même schéma, à savoir « Robocop joue au tir aux pigeons en parcourant une ligne (presque) droite ». Ce manque de variété ne se verra cassé que par la scène finale. Padilha et son équipe ne prennent ici encore aucun risque…

Sauf pour l’armure emblématique de notre cher robot policier…repeinte toute en noir. Si pour la couleur, ça passe encore, le design général, lui, laisse assez sceptique, surtout qu’il donne l’impression que RoboCop porte une combinaison en plastique toc. Un aspect qui retire au personnage son côté imposant bien connu .

Beaucoup feront surement l'amalgame avec le Batman de Nolan.
Beaucoup feront surement l'amalgame avec le Batman de Nolan.

Fini les déplacements à deux à l'heure, RoboCop est ici plus souple, plus mobile et plus rapide. Un changement qui se reflète aussi dans son véhicule de patrouille, plutôt classe.

Le nouveau design de l'ED-209 fait bien moins patibulaire...
Le nouveau design de l'ED-209 fait bien moins patibulaire...

L'ED-209 a lui aussi subi un petit lifting. Et s'il a bien entendu sa place lors des scènes d'action, il devient ici commun et perd son statut potentiel de prototype rival pour RoboCop.

Une tentative bien maladroite de faire appel à la nostalgie

Non, non, non et encore non. Le thème principal du RoboCop de 1987 collait parfaitement à l’ambiance satirique du long-métrage. Le réentendre ici, à peine réarrangé, sonne non seulement faux mais donne aussi l’impression qu’on n’a pas voulu trop se casser la tête pour singulariser ce reboot.

En plus de cette faute de goût difficilement pardonnable, le reste de la bande son s’avère tout simplement générique, et ce malgré l’insertion de quelques classiques tels que « Fly me to the moon » de Frank Sinatra. Seul le bruit des articulations mécaniques du cyborg le plus policier de l’univers consoleront un peu du désert sonore du film.

Verdict

En résumé Note
Scénario Vu et Revu. Nouvelles perspectives mais pas de réelles surprises. 3/4
Personnages Un casting sympathique mais loin d'atteindre son plein potentiel. 2,5/4
Ambiance Plus philosophique même si l'on reste trop souvent en surface. 2,5/4
Visuel Un RoboCop tout vêtu de noir ? Seule la scène d'action finale sort du lot. 2,5/4
Son Trop impersonnel. Le côté nostalgie se casse la figure. 2,5/4

Pari risqué, ce reboot s'en tire plutôt bien. Mais même s'il a ses moments, il semblerait qu'il aurait mieux valu développer le concept en une série, à la vue des thèmes plutôt denses qui y sont abordés.

13/20
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